La gouvernance des entreprises en France est encadrée par un ensemble de textes juridiquement contraignants et de codes volontaires. Le socle obligatoire est le Code de commerce, complété par la loi Sapin II (2016), la loi PACTE (2019) et, au niveau européen, la directive CSRD applicable aux grandes entreprises depuis l'exercice 2024. Les codes de gouvernance — Code AFEP-MEDEF pour les grandes capitalisations et Code Middlenext pour les PME-ETI cotées — relèvent du « soft law » mais exercent une contrainte de marché réelle via le principe « appliquer ou expliquer ».

À RETENIR
  • Le Code de commerce définit les structures légales de direction (SA moniste ou dualiste) et les responsabilités civiles et pénales des dirigeants.
  • La loi Sapin II (2016) a rendu le vote Say on Pay contraignant et renforcé la lutte anticorruption pour les grandes entreprises.
  • La loi PACTE (2019) a introduit la « raison d'être » et le statut de société à mission dans le paysage juridique français.
  • La directive CSRD impose un reporting de gouvernance standardisé et audité à partir de 2024 pour les grandes entreprises, avec une extension progressive aux PME cotées.
  • Admincontrol Board Portal facilite la traçabilité des décisions du conseil et la production des preuves de conformité exigées par ces réglementations.

Le Code de commerce : le socle obligatoire

Le Code de commerce constitue la base légale incontournable de la gouvernance d'entreprise en France. Il détermine les structures de direction autorisées et fixe les responsabilités des organes sociaux.

Les sociétés anonymes (SA) peuvent choisir entre deux architectures : la structure moniste à conseil d'administration (avec un PDG ou une dissociation Président/DG) et la structure dualiste à directoire et conseil de surveillance. Ce choix conditionne l'équilibre des pouvoirs et la capacité de contrôle exercée sur la direction opérationnelle.

Le Code de commerce définit également les quorums de délibération, les obligations d'information des actionnaires, les règles de tenue des assemblées générales et les responsabilités civiles et pénales des administrateurs et dirigeants en cas de faute de gestion ou d'abus de biens sociaux.

Les lois clés : Sapin II, PACTE et devoir de vigilance

Au-delà du Code de commerce, plusieurs lois sectorielles ont substantiellement enrichi le cadre de gouvernance au cours de la dernière décennie.

La loi Sapin II (décembre 2016) a instauré deux avancées majeures pour la gouvernance des grandes entreprises. D'une part, le vote Say on Pay est devenu contraignant : les actionnaires des sociétés cotées approuvent désormais ex ante la politique de rémunération des dirigeants et ex post les rémunérations effectivement versées. D'autre part, les entreprises de plus de 500 salariés et 100 millions d'euros de chiffre d'affaires doivent mettre en place un programme anticorruption complet, sous le contrôle de l'Agence française anticorruption (AFA).

La loi PACTE (mai 2019) a introduit la possibilité pour toute société de se doter d'une « raison d'être » inscrite dans ses statuts — un objet social élargi au-delà de la seule maximisation du profit — et le statut de société à mission, qui crée un comité de mission indépendant et impose un contrôle externe régulier des engagements pris.

La loi relative au devoir de vigilance (mars 2017) impose aux grandes entreprises françaises (plus de 5 000 salariés en France ou plus de 10 000 dans le monde) d'établir, de mettre en œuvre et de rendre public un plan de vigilance visant à prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l'environnement dans leur chaîne de valeur. Ce texte pionnière a servi de modèle à la directive européenne CSDDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive).

Le « soft law » : codes AFEP-MEDEF et Middlenext

Les codes de gouvernance constituent la couche complémentaire de « droit souple » dont l'observance est attendue de toutes les sociétés qui s'y réfèrent, sous peine d'obligation de s'en expliquer. L'AMF surveille la qualité de ces explications dans son rapport annuel sur le gouvernement d'entreprise.

Le Code AFEP-MEDEF couvre en priorité l'indépendance des administrateurs (au moins la moitié du conseil pour les sociétés à actionnariat dispersé), les comités spécialisés (audit, rémunérations, nominations), la politique de rémunération des dirigeants (structure, plafonds, critères de performance) et la parité hommes-femmes (au moins 40 % de membres du sexe sous-représenté, conformément à la loi Copé-Zimmermann). Sa révision de 2023 a intégré des recommandations relatives aux risques climatiques.

Le Code Middlenext simplifie ces exigences pour les structures de taille intermédiaire, tout en maintenant les principes fondamentaux de transparence, d'équilibre des pouvoirs et de protection des actionnaires minoritaires.

La directive CSRD et les normes ESRS

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) représente la refonte la plus substantielle du reporting d'entreprise depuis des décennies. Applicable aux grandes entreprises cotées dès l'exercice 2024 et progressivement étendue aux PME cotées et aux filiales de groupes non européens, elle impose la publication d'informations de gouvernance standardisées selon les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards).

Pour le volet « G » (gouvernance) de ESG, la CSRD exige des informations précises sur : la composition et le fonctionnement des organes de direction ; les politiques de rémunération des dirigeants et leur lien avec les objectifs de durabilité ; les mécanismes de contrôle interne ; la gestion des risques liés à la durabilité ; et les politiques de lutte contre la corruption et le lobbying. Ces informations doivent être soumises à une assurance externe.

Admincontrol Board Portal d'Euronext Corporate Solutions facilite la collecte de ces données en conservant une piste d'audit complète des décisions du conseil et en centralisant les documents nécessaires à la démonstration de conformité. Consultez notre panorama de la gouvernance d'entreprise en 2026 pour une analyse des dernières évolutions réglementaires.

Synthèse : hard law versus soft law

Texte / Code Nature Sanction en cas d'écart Champ d'application
Code de commerce Obligatoire (loi) Juridique / pénale Toutes SA, SAS, SCA
Loi Sapin II Obligatoire Amende AFA, invalidation Say on Pay SA cotées + seuils salariés/CA
Loi PACTE Optionnelle / obligatoire selon choix statutaire Responsabilité civile si manquement à la mission Toutes sociétés ayant adopté raison d'être
Code AFEP-MEDEF Volontaire (appliquer ou expliquer) Réputationnelle / pression investisseurs SBF 120 / CAC 40
CSRD / ESRS Obligatoire (directive UE) Sanctions AMF, invalidation comptes Grandes entreprises cotées (2024+)

Questions fréquemment posées

Le Code AFEP-MEDEF est-il juridiquement contraignant en France ?

Non, le Code AFEP-MEDEF n'est pas une loi. Il relève du « droit souple ». En revanche, les sociétés du SBF 120 qui s'y réfèrent — ce qui est la norme — doivent respecter ses recommandations ou expliquer publiquement les raisons de tout écart dans leur document de référence annuel. L'AMF examine chaque année la qualité de ces explications.

Quelles entreprises sont concernées par la directive CSRD en France ?

La CSRD s'applique à partir de l'exercice 2024 aux grandes entreprises cotées répondant à au moins deux des trois critères suivants : bilan supérieur à 25 millions d'euros, chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d'euros, effectif supérieur à 250 salariés. Son périmètre s'étend progressivement aux PME cotées à partir de 2026.

Comment Admincontrol Board Portal aide-t-il à respecter ces réglementations ?

Admincontrol Board Portal crée automatiquement une piste d'audit de chaque séance du conseil : qui a reçu quels documents, quand ils ont été consultés, quelles décisions ont été prises et comment. Ces données sont indispensables pour répondre aux exigences de traçabilité de la CSRD, de Sapin II et des audits internes.

CONCLUSION
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Le cadre réglementaire de la gouvernance en France se densifie : CSRD, devoir de vigilance, Sapin II. Les conseils d'administration ont besoin d'outils qui centralisent la documentation, garantissent la traçabilité des décisions et simplifient la production des preuves de conformité. C'est précisément ce qu'apporte Admincontrol Board Portal d'Euronext Corporate Solutions.

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