Dans la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur, les commissions et, plus largement, les instances collégiales jouent un rôle central dans l’instruction des dossiers soumis aux conseils et instances décisionnelles, ainsi que dans l’accompagnement de leurs missions.

En France, l’enseignement supérieur s’appuie notamment sur des commissions institutionnelles telles que :

Ces instances réunissent des experts et représentants de la communauté universitaire afin d’examiner, débattre et formuler des avis ou des décisions sur les sujets relevant de leur champ de compétence. Leurs travaux contribuent à l’élaboration des politiques, procédures et orientations stratégiques mises en œuvre par l’organe de gouvernance principal.

Le bon fonctionnement de ces commissions et comités repose sur une organisation rigoureuse des réunions : un ordre du jour clair et structuré, une conduite de séance maîtrisée et, en aval, un procès-verbal fidèle aux échanges et aux décisions prises, mettant en évidence un plan d’actions.

Bien que les universités françaises disposent d’une autonomie renforcée en vertu de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), elles demeurent responsables devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ainsi que devant l’ensemble de leurs parties prenantes, notamment les étudiants et le corps enseignant.

Il est donc essentiel que les commissions respectent des procédures formalisées et produisent des procès-verbaux clairs, fiables et exploitables. Cet article propose une méthode structurée pour les rédiger de manière rigoureuse, afin d’assurer une information complète et éclairée des instances décisionnelles.

À RETENIR
  • Un procès-verbal de commission doit reposer sur une structure claire et un contenu strictement factuel.
  • Les formulations subjectives, le jargon excessif et les informations non essentielles doivent être évités.
  • La relecture du procès-verbal par les membres de la commission permet d’en vérifier l’exactitude et de clarifier les échanges consignés.
  • Les décisions prises, ainsi que les actions à mener, leurs responsables et leurs échéances, doivent être clairement identifiées afin d’assurer un suivi efficace.
  • Les obligations de gouvernance propres aux commissions et comités de l’enseignement supérieur doivent être prises en compte lors de la rédaction du procès-verbal.

Éléments clés d'un procès-verbal de commission

ÉlémentExplication
Date, heure et lieuLes informations essentielles de la réunion doivent être clairement indiquées afin de situer le procès-verbal dans son contexte. Il est recommandé de préciser l’heure d’ouverture et de clôture de la séance, telles qu'énoncées par la présidence.
Participants et absentsLa liste des participants permet d’assurer la traçabilité des échanges et des décisions. Elle précise qui était présent lors des discussions et contribue à la responsabilité collective des membres de la commission.
Ordre du jour et points de discussionLe procès-verbal doit suivre la structure de l’ordre du jour. Il synthétise les sujets abordés et la nature des échanges, permettant aux parties prenantes de comprendre le cheminement ayant conduit aux décisions transmises à l’instance de gouvernance.
DécisionsLes décisions prises pour chaque point inscrit à l’ordre du jour doivent être consignées de manière claire. Cette formalisation facilite le suivi des travaux de la commission et leur restitution auprès des instances décisionnelles.
Résultats des votesLorsque des votes ont lieu, leurs résultats doivent être consignés avec précision. Cette information constitue un élément essentiel de la traçabilité des décisions et du respect des règles de gouvernance.
ActionsCertaines décisions impliquent des actions à mener après la réunion. Le procès-verbal doit en préciser la nature, les responsables désignés et les échéances associées, afin d’assurer un suivi opérationnel.
Documents justificatifsLe cas échéant, des documents complémentaires peuvent être annexés au procès-verbal afin d’éclairer les échanges, tels que des rapports, des présentations ou des notes de travail.

Comment rédiger un procès-verbal de commission

Éviter les interprétations erronées des échanges

Les échanges au sein des comités de l’enseignement supérieur peuvent faire appel à un vocabulaire technique ou spécialisé. Lorsque certains termes, raisonnements ou positions exprimées ne sont pas parfaitement clairs pour la personne chargée de la rédaction du procès-verbal, il est recommandé de solliciter des précisions, soit pendant la réunion, soit à l’issue de celle-ci, afin d’en restituer fidèlement le contenu.

Le procès-verbal constitue le compte rendu officiel de la réunion. Il permet de retracer les discussions et de comprendre les décisions prises ainsi que les éléments qui les ont motivées. Une rédaction dans un court délai après la séance, éventuellement à l’aide d’outils digitaux de prise de notes, contribue à garantir l’exactitude des informations consignées.

Vérifier les informations relatives à la réunion

Les procès-verbaux de réunion peuvent être consultés ultérieurement, notamment dans le cadre d’audits, de contrôles administratifs ou pour retracer un processus de prise de décision. Il est donc essentiel que les informations de base — date, horaires, lieu, liste des participants — soient exactes et clairement identifiables.

Il est recommandé de faire vérifier par les membres de la commission l’orthographe de leur nom, leur fonction et leur rôle au sein de l’instance, afin de garantir la fiabilité du document et la traçabilité des contributions.

Demander les retours des membres du comité

Afin de garantir une restitution fidèle de la réunion, le projet de procès-verbal doit être transmis aux membres de la commission pour relecture. Cette étape permet d’identifier d’éventuelles imprécisions, omissions ou erreurs avant la validation officielle du document.

Organiser cette phase de relecture en amont de la réunion suivante permet également d’optimiser le temps des séances, en évitant des corrections de fond lors de l’approbation des procès-verbaux.

Garantir la clarté et la concision

Le procès-verbal n’a pas vocation à retranscrire l’intégralité des échanges tenus en séance. Il doit restituer l’essentiel des discussions et formaliser les décisions, orientations et points d’action retenus.

Une rédaction claire, structurée et synthétique permet à des lecteurs n’ayant pas assisté à la réunion de comprendre les enjeux abordés. Il convient de sélectionner les informations pertinentes et d’éviter toute surcharge inutile, afin de faciliter l’exploitation du document par les instances décisionnelles.

Diffuser le procès-verbal pour approbation finale

Une fois les retours des participants recueillis et le projet de procès-verbal mis à jour, le document doit être diffusé afin d’obtenir son approbation finale. Cette étape permet de clore le processus de rédaction et de s’assurer que les membres de la commission considèrent le procès-verbal comme une représentation fidèle des échanges et des décisions prises.

Archiver et organiser

Après approbation, le procès-verbal doit être archivé afin de pouvoir être consulté ultérieurement. Il est recommandé de rendre les documents facilement accessibles, de les identifier clairement et de les organiser de manière cohérente pour en faciliter la recherche en cas de besoin.

Un archivage structuré est particulièrement important lorsque des parties prenantes souhaitent comprendre le déroulement d’une réunion antérieure, ou lorsque les procès-verbaux sont utilisés comme éléments de preuve dans le cadre d’un contrôle, d’un audit ou d’une enquête.

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Exemple de procès-verbal de réunion de commission

Université de la Ville Exemple

Comité d'éthique et de valeurs

Date : 25/06/25

Heure : 10h00 à 11h30

Lieu : Salle de conférence B, Bâtiment Éthique et Gouvernance, et en ligne sur la solution de gestion de réunions Admincontrol

  1. Ouverture de la réunion
  • Présidente : Prof. Claire Dubois
  • Ouverture de séance : 10h03
  • Présence enregistrée par : Dr Stéphane Gauthier
  • Quorum atteint : Oui

2. Participants

Présents :

  • Prof. Claire Dubois (Présidente, responsable gouvernance et conformité)
  • Dr Stéphane Gauthier (Secrétaire de l’instance, responsable éthique)
  • Dr Hélène Moreau (Responsable de l’éthique de la recherche)
  • M. Julien Caron (Représentant des étudiants)
  • Mme Cécile Perrin (Ressources humaines)
  • Dr Romain Girard (Responsable diversité et inclusion)
  • Mme Amélie Renaud (Conseillère juridique)

Excusés :

  • Prof Nicolas Lefèvre (Représentant de la Présidence)
  • Dr Lucie Deschamps (Maître de Conférences en Responsabilité Sociale)

Invité/Observateur :

  • M. Pierre-Louis Dupont (Consultant Externe - Politiques DD&RS)

3. Approbation du procès-verbal de la réunion précédente

Le procès-verbal de la réunion précédente, tenue le [date], est approuvé tel que présenté.

Suivi des points d’action précédents :

  • L’examen du Code d’éthique mis à jour est finalisé.
  • Le plan de mise en œuvre de la nouvelle politique d’éthique de la recherche est en cours, avec l’intégration des retours des responsables universitaires.
  • Le module annuel de formation à l’éthique du personnel est désormais en ligne. Les taux de participation feront l’objet d’un suivi.

4. Points à l'ordre du jour pour discussion

4.1. En cours – Politiques de recrutement éthique

Points de discussion :

  • Analyse des pratiques de recrutement actuelles au regard des engagements de l’université en matière d’éthique.
  • Évaluation des biais potentiels dans les processus de recrutement.

Décision :

  • La création d’un groupe de travail chargé d’examiner les politiques RH relatives à l’équité du recrutement et à la réduction des biais est approuvée.

4.2. En cours – Conformité à l’éthique de la recherche

Points de discussion :

  • Vérification de la soumission systématique des projets de recherche au comité d’éthique compétent.
  • Point d’étape sur la conformité des personnels aux procédures de soumission éthique.

Décision :

  • La résolution visant à instaurer une liste de contrôle éthique obligatoire pour toute nouvelle demande de recherche, préalablement à son approbation, est adoptée à l’unanimité (sans opposition ni abstention).

4.3. Nouveau – Politique DD&RS (Développement durable et responsabilité sociétale)

Points de discussion :

  • Présentation par M. Pierre-Louis Dupont des objectifs de durabilité et des orientations en matière d’investissement éthique.

Décision :

  • La rédaction d’un document de stratégie DD&RS formalisé, à présenter lors de la prochaine réunion, est adoptée à l’unanimité (sans opposition ni abstention).

4.4. Nouveau – Utilisation éthique de l’IA dans les politiques universitaires

Points de discussion :

  • Analyse de l’usage des outils d’aide à la décision fondés sur l’IA dans les admissions et l’évaluation des personnels.
  • Exigences d’équité, de transparence et de responsabilité.

Décision :

  • La création d’un groupe de travail dédié à l’éthique de l’IA, chargé d’élaborer des lignes directrices, est approuvée.

5. Points d'action et responsabilités

ActionsResponsableÉchéanceÉtat d’avancement
Mise en place d’un groupe de travail sur le recrutement éthiqueMme. Cécile Perrin10/07/25En attente
Rédaction de la liste de contrôle éthique (recherche)Dr Hélène Moreau3/07/25En cours
Rédaction du document de stratégie DD&RSM. Pierre-Louis Dupont10/07/25En cours
Constitution du groupe de travail sur l'éthique de l'IADr Romain Girard14/07/25En attente

6. Prochaine réunion

  • Date : 24/09/25
  • Heure : 10h00 à 11h30
  • Lieu : Salle de conférence B, Bâtiment Éthique et Gouvernance & en ligne sur la solution de gestion de réunions Admincontrol

Points proposés à l'ordre du jour :

  • Avancement des travaux du groupe sur l’éthique de l’IA
  • Point d’étape sur la stratégie DD&RS

7. Clôture de la séance

La séance est levée à 11h28.

Procès-verbal rédigé par : Dr Stéphane GauthierProcès-verbal approuvé par : la Présidente et le Secrétaire de l’instance

Bonnes pratiques pour rédiger des procès-verbaux fiables

  • Préparer la réunion en amont en prenant connaissance de l’ordre du jour, des documents de travail et du contexte des points inscrits à la discussion. Cette préparation facilite la compréhension des échanges.
  • Utiliser un format de procès-verbal cohérent et structuré, idéalement à l’aide d’un modèle commun à l’ensemble des commissions et comités. Une présentation homogène améliore la lisibilité.
  • Rédiger de manière objective et factuelle, en restituant la nature des échanges sans y intégrer d’interprétation personnelle ni de jugement de valeur.
  • Mettre en évidence les décisions et les actions à suivre, en identifiant clairement les responsables et les échéances. Cette formalisation contribue au suivi opérationnel des décisions.
  • Employer un vocabulaire clair et accessible, en évitant le jargon excessif ou les formulations ambiguës, afin que le document puisse être compris par des lecteurs n’ayant pas assisté à la réunion.
  • Vérifier l’exactitude du procès-verbal avant validation finale, en sollicitant la relecture des membres de la commission.

Questions fréquemment posées

Qui est responsable de la rédaction du procès-verbal lors d'une réunion de comité ?

La commission ou le comité désigne généralement une personne chargée d’assurer le secrétariat de l’instance. Cette personne est responsable de la prise de notes et de la rédaction du procès-verbal, lequel est ensuite soumis à la relecture et à l’approbation des membres de l’instance.

À qui doit être diffusé le procès-verbal ?

Le procès-verbal doit être diffusé à l’ensemble des membres de la commission ou du comité, ainsi qu’aux participants à la réunion. Une fois approuvé, il est conservé dans les archives officielles de l’établissement, conformément aux règles de gouvernance.

Quelle doit être la longueur d’un procès-verbal de commission ?

Un procès-verbal doit être à la fois concis et complet. En pratique, une longueur comprise entre une et trois pages constitue une référence couramment admise, à condition que le document restitue clairement les discussions, les décisions et les points d’action, sans détails superflus.

Un procès-verbal peut-il être modifié après son approbation ?

Une fois approuvé, le procès-verbal ne doit pas être modifié. En revanche, toute correction ou précision peut être portée à la connaissance de l’instance lors d’une réunion ultérieure. Elle devra ensuite être consignée officiellement dans un procès-verbal ultérieur, afin de garantir la traçabilité des amendements.

Que faire si un procès-verbal présente des erreurs ?

Si des erreurs sont identifiées avant l’approbation du procès-verbal, les corrections nécessaires peuvent être apportées et le document rediffusé pour validation. Si des erreurs sont constatées après approbation, elles doivent être signalées lors de la réunion suivante, corrigées avec l’accord de l’instance et consignées de manière formalisée.

Les procès-verbaux de comité sont-ils juridiquement contraignants ?

Les procès-verbaux de réunion de commission ou de comité ne constituent pas des contrats. En revanche, ils ont une valeur juridique en tant que documents attestant du déroulement des réunions et des décisions prises. À ce titre, ils peuvent être utilisés comme éléments de preuve dans le cadre d’audits, de contrôles ou de contentieux.

CONCLUSION
Des procès-verbaux fiables pour une gouvernance de qualité

Les procès-verbaux de réunion de commission ou de comité constituent des documents essentiels à la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur, en assurant la traçabilité des échanges, des décisions et des actions. Une rédaction rigoureuse, claire et structurée, fondée sur des bonnes pratiques et des procédures formalisées, permet de sécuriser les processus décisionnels et de garantir la fiabilité et l’exploitabilité des procès-verbaux dans la durée.

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Références et lectures complémentaires

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